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IVG inscrit dans la Constitution
En cette journée internationale des droits des femmes, la France a officiellement inscrit la liberté de recourir à l'IVG dans la Constitution, lors d'une cérémonie de scellement, place Vendôme à Paris. Durant ce temps fort, le président français Emmanuel Macron a annoncé sa volonté d'inscrire la "liberté de recourir" à l'avortement "dans la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne".
Une nécessité selon lui, alors que des "forces réactionnaires" en Europe s'en prennent, entre autres, aux droits des femmes. Mais qu'en est-il vraiment du droit à l'IVG au sein de l'Union européenne ? Retour sur les législations en vigueur dans les différents États-membres.
Au sein de l'Union européenne, le droit à l'avortement est légalisé ou dépénalisé dans 25 pays sur 27. Dans la plupart des pays de l'UE, il est donc possible d'avorter sans que la femme qui décide d'y recourir ait besoin de se justifier. Derniers pays en date à avoir fait ce choix : l'Irlande, en 2018, et la Finlande, en 2023. Jusqu'alors, l'Irlande était l'un des pays les plus restrictifs en la matière. Quant à la Finlande, l'IVG était autorisée, mais uniquement dans plusieurs cas bien précis (moins de 17 ans, plus de 40 ans, quatre enfants, difficultés économiques, sociales, de santé...). Depuis, dans ce pays, l'avortement est légal et gratuit, sans conditions.
Néanmoins, selon les pays, la législation en la matière diffère notamment sur la question du délai maximal pour pouvoir avorter. Ainsi, le Portugal n'autorise plus l'avortement au-delà de 10 semaines d'aménorrhée (une période qui débute le premier jour des dernières règles, soit deux semaines avant la date de la grossesse). C'est aux Pays-Bas que le délai est le plus long, les femmes pouvant avorter jusqu'à 22 semaines d'aménorrhées. En France, il est possible d'avorter jusqu'à la 14e semaine de grossesse.
Seuls deux pays de l'Union européenne restreignent le droit à l'avortement. Il s'agit de Malte et de la Pologne. Jusqu'en juin 2023, l'État insulaire était le seul pays de l'UE où l'avortement restait interdit et illégal, quelles que soient les circonstances. Depuis, les IVG sont pratiquées, mais seulement dans des circonstances bien particulières. Les femmes peuvent avorter si leur vie est en danger et que le fœtus n'est pas viable.
En Pologne, il est autorisé d'avorter qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. En décembre 2023 néanmoins, une coalition plus libérale a évincé le gouvernement Droit et Justice qui avait tenté de totalement interdire l'avortement dans le pays. Parmi les promesses de campagne de la nouvelle coalition, l'une d'entre elles était la légalisation de l'IVG, sans conditions. Pour l'instant cependant, la législation en la matière n'a pas évolué.
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Par ailleurs, malgré la légalisation, certains pays européens tentent parfois de restreindre l'accès à l'avortement. En Hongrie par exemple, l'IVG est légale depuis les années 1950 jusqu'à la 12ᵉ semaine de grossesse. Mais le Premier ministre Viktor Orban, qui met en avant les "valeurs familiales traditionnelles" depuis son arrivée au pouvoir, en 2010, a fait publier un décret en septembre 2022 qui a durci sa législation. Depuis, les femmes doivent "écouter les battements de cœur du fœtus" avant tout avortement.
Au Portugal, l'avortement est légal depuis 2007, mais le gouvernement portugais ne prend plus en charge les frais médicaux depuis 2015. En Slovaquie, qui a légalisé l'avortement en 1986, des projets de loi visant à restreindre l'accès à ce droit sont régulièrement proposés au Parlement, sous l'influence du lobby catholique, très influent dans ce pays. Preuve que l'avortement, même légalisé, n'est jamais vraiment un droit garanti.
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